Pli 05 – Obsession

La revue d’architecture et d’édition Pli lance un appel à contributions pour interroger le thème de l’Obsession en 2019.

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Édito

En comparant la pratique de l’architecture à celle de l’édition, on observe un point commun évident dans le processus de recherche. Chacun se procure les outils nécessaires pour communiquer visuellement un ensemble d’idée. Le dessin devient un acte fondamental pour s’exprimer et concrétiser un concept.

Automatiquement, les artistes sont amené(e)s à une expérience visuelle aussi subtile et minime soit-elle. Prenons comme exemple la répétition de la plus petite unité de mesure qu’est le point, ou encore la prolongation infinie d’une ligne. Combien d’artistes ont su s’approprier ce système pour générer un processus créatif ? On découvre alors des compositions mystérieuses, extrêmement détaillées, et qui rendent compte d’un travail obsessionnel répétitif. La peur du vide invite-elle à combler de manière compulsive l’espace disponible ?

Des artistes américains comme Eugène Andolsek et Charles Benefiel intègrent consciemment cet acte obsessionnel dans leurs compositions. Ces oeuvres qualifiées d’obsessive drawings mettent en valeur différentes interprétations relatives à cette notion. Il en va de même pour le travail de Yayoi Kusama qui change la perception des espaces qu’elle investit jusqu’à leurs faire perdre toute profondeur et orientation. Pour ce qui est d’Agnès Martin, on décèle une ambiguïté. Il y a d’une part cette obsession architecturale à travers laquelle elle tente de hiérarchiser l’espace par des jeux de lignes directrices. Et d’autre part, il y a cette obsession graphique lorsqu’elle traite ses compositions comme un ensemble visuel et dynamique similaire au dessin de caractère du typographe.

L’aspect compulsif et l’accumulation visuelle perceptible dans leurs travaux nous permet de nous interroger sur une exécution fastidieuse inscrite dans la durée. Marquer l’espace – qu’il soit plat ou tridimensionnel – est devenu captivant. De sorte qu’il est désormais une obsession pour les créatifs. On peut alors se demander si ces obsessions sont en constante mutation. Comment se matérialisent-elles au sein de la pratique architecturale et éditoriale ? Et quelles pourraient être ces nouvelles formes obsessionnelles ?

Loin d’être figée et déterminée, la signification du mot obsession s’étend à de nombreux autres domaines. Habituellement défini comme un symptôme contraignant, absurde et difficile à éradiquer ; on se demande aujourd’hui si ces névroses (idées, images ou sensations) sont nécessairement néfastes.

À travers le prisme de l’architecture et d’autres disciplines connexes au design, on pourrait définir le terme d’obsession comme une manipulation autre du langage, des formes, de concept, d’assemblage et d’associations mais aussi de la perception finale de cet ensemble. Parfois omniprésente dans les processus créatifs, il serait futile de vouloir y déceler un axe directeur uniforme : psychique ou physique, matériel ou invisible, scientifique ou fantasmé ; singulier, transversal et parfois méthodologique, le trouble obsessionnel n’existe que lorsque l’action ou la pensée qui en est à l’origine se répète continuellement dans un cadre donné.

D’un point de vue sociologique et anthropologique, le terme obsession traduit aussi des formes de fétichismes en corrélation avec les problématiques de la société actuelle. Comment investir significativement à travers l’architecture et le graphisme, ces systèmes obsessionnels de collections et autres travaux en série ?

Appel à contributions

La 5e publication de la revue Pli se dresse comme un numéro spécial. On questionne d’autant plus les liens intrinsèques entre l’architecture et l’édition tout en incluant d’autres champs d’action. Aujourd’hui, Pli désire esquisser un état des lieux, identifier et remettre en question la retranscription de ces questionnements au sein de divers processus créatifs. Comment les domaines de l’architecture et l’édition sont-ils aptes à canaliser et à investir cette notion d’obsession tant à travers des expérimentations structurales / sculpturelles / architecturales que d’autres dispositifs visuels, narratifs ou écrits ? Quelles pourraient être les obsessions de l’architecte de demain ? Pour lancer cette grande recherche, Pli lance un appel à auteur(e)s et à créatifs.

Date limite de réception des contributions : 2 février 2019.

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